— « Une bibliothèque non moins fantôme, mais qui présente la particularité d’exister et de pouvoir être visitée à tout moment, est la Brautigan Library, sise à Burlington, États-Unis. Elle porte ce nom en hommage à Richard Brautigan (…).
La Brautigan Library est exclusivement constituée de manuscrits refusés par les éditeurs auxquels ils furent proposés et, partant, jamais publiés. Cette bibliothèque ne rassemble que des livres avortés. Ceux qui détiendraient des manuscrits de cette espèce et désireraient les céder à la Bibliothèque qu’est la Brautigan Library n’ont qu’à les expédier au village de Burlington, Vermont, États-Unis. Je sais de source sûre — encore que l’on ne s’occupe là-bas que de sources taries — qu’aucun manuscrit n’y est renvoyé ; bien au contraire, il y sont soignés et exhibés avec un plaisir et un respect sans réserve. »

Léa pense que Maurice pourrait y adresser son Richard quand il sera fini, avant de se raviser. Il faudrait au préalable que Maurice adresse son manuscrit à des éditeurs et que ceux-ci le lui refusent comme un seul homme. Ce n’est pas gagné !
Maurice pense que son Richard ne sera jamais fini (est-il d’ailleurs commencé, sinon un vague scénario ?), et a donc dès aujourd’hui de plein droit sa place dans la Bibliothèque des livres qui n’ont pas encore été écrits, sans que résiste le moindre soupçon de prévarication.